MIA DO ATIWO JUILLET 2017

Après le voyage cet hiver de Ben et Didi, ce fût au tour cet été 2017 de Flo et d’Anto de faire le voyage : leur mission consistait au suivi de la distribution et de la plantation des essences d’arbres cultivées dans les pépinières. Résultat : plus de 2000 arbres plantés cette première année parmi lesquels des acajous, faux-tecks, fraquets, cedrelas, acacias, colatiers, anacardiers, corossoliers, moringa, … :

«Nous sommes au sud du Togo, région subtropicale humide à l’origine très verdoyante et fertile.

L’agriculture et l’alimentation en général tient une place importante dans la société togolaise. Les cultivateurs sont par ailleurs autosuffisants pour les aliments de base, grâce à une production vivrière majoritaire, consommée directement ou vendue localement.

Puis les cultures de rente, sont vouées uniquement à l’exportation.

La culture de la terre est complétée par l’élevage, rarement à grande échelle et la pisciculture, principalement pour la consommation du foyer ou du village.

Les conditions matérielles et financières des cultivateurs étant limitées, la plupart misent sur des méthodes de culture traditionnelle comme le brûlis. Ce procédé détruit une grande partie de la matière organique, si précieuse pour alimenter les organismes du sol. Une autre technique observée visant à se libérer des herbes trop compétitives dans les parcelles est d’épandre manuellement, sans aucune protection, un herbicide vendu à grande échelle, du glyphosate pur hautement cancérigène. Un problème de santé majeur pour les cultivateurs, même si beaucoup que nous avons rencontrés sont conscients que cette substance n’est pas anodine, car ils refusent d’en épandre dans les parcelles vivrières

Le suivi des pépinières

Les pépinières sont installées à proximité des puits ou des zones humides (cours d’eau, bas- fonds, marécages), afin de faciliter les arrosages quotidiens. Sur le substrat mis à nu, en planches rectilignes de 6 à 10 lignes, les semis sont effectués dans des poches d’eau (50cl) recyclées, une ressource abondante sur place, qu’on aura rempli de la terre récoltée sur place ou dans le lit de la rivière.

Les allées, larges de 20cm environ, permettent le passage d’une personne seulement.

Une structure en bois soutient un toit conçu en nervures de palmier, installé sommairement et provisoirement durant la saison sèche afin de protéger les jeunes semis des trop forts ensoleillements. A cette saison, le toit est démonté pour laisser les pluies abondantes assurer l’arrosage, à un stade où les jeunes pousses sont déjà assez robustes.

Cela provoque néanmoins une dégradation des allées, eaux stagnantes et érosion localisée, qui ne facilitent pas le passage ni l’entretien, et entraine même la noyade de certains plants.

Quelques suggestions faites pour les prochaines pépinières : améliorer le système par des fossés de drainage en périphérie, ou en élevant les planches de semis sur des plateaux en bois ; afin de faciliter l’entretien collectif, d’élargir à 60cm au moins. Les problèmes sont globalement les même à ce niveau à Agou et Kuma.

Pour autant, la grande majorité des plant a atteint une taille et une vigueur suffisante pour être mise en terre, certaines racines ont même percé le plastique pour chercher la profondeur.

La distribution

Les cultivateurs des groupements ont pré rempli une fiche référençant les essences choisies, et les quantités nécessaires. Le choix est fait selon les besoins : la surface des parcelles à planter,

le type de culture associé, le type de ressource souhaitée (bois d’œuvre, fruitiers, arbres fertilitaires …).

À Agou, les plants sont répartis entre la parcelle commune d’une part, dont les 25ha seront progressivement plantés, et d’autre part les éléments du groupement qui pourrons reboiser leurs parcelles respectives.

Par ailleurs, les quantités produites dépassant largement les besoins des deux groupements, les surplus sont donnés aux cultivateurs des villages qui se sont montrés intéressés par la démarche du projet

Les variétés

Nitida acuminata (Colatier)

Cordia Africana (faux teck)

Cedrela odorata (acajou amer)

Annona muricata (Corossol)

Acacia

Terminalia superba (Fraké)

Xylopia aethiopica (Poivre d’éthiopie)

Moringa oleifera

Tectona grandis (Teck blanc)

Sterculia phoetidia

Garcinia « Arbre à cure-dent »

Citrus aurantium (Oranger)

Persea americana (Avocat)

Cola cordifolia

Anacardium occidentale

Triplochiton scleroxylon (wawa)

Khaya grandifolia (acajou)

Erythrophleum africanum (etsati)

Une partie des plants proviens de la pépinière d’Eric (Big max production) en périphérie de Kpalimé, dont nous avons visité l’exploitation. C’est la seule pépinière professionnelle de la région (selon son dire) et possède également plusieurs hectares sur lesquels il plante une grande quantité d’arbres depuis seulement 3 ans, laissant voir aujourd’hui une jeune forêt fruitière gérée de façon totalement naturelle. Il travaille également sur un programme expérimental mené par l’université de Lomé, en testant différents types de gestions du moringa (programme visant à favoriser la production, la commercialisation et la consommation de cet arbre, pour ses propriétés nutritives et médicinales).»

Pour la deuxième année, nous allons agrandir les pépinières, développer la culture d’arbres fruitiers tels que les avocatiers et les orangers, continuer la sensibilisation des populations à l’agroforesterie et organiser des formations à la création et à l’exploitation de pépinières afin d’en créer de nouvelles.